Ana Vaz da Silva

Ana Vaz da Silva apprend l’art de la poterie auprès d’un maitre potier en Algarve, au sud du Portugal, son pays natal. Sa vie professionnelle se fera, pendant plus de vingt ans, sur les plateaux de cinéma comme décoratrice. En venant en France, rapidement lui reviendra la nécessité de retrouver le geste créateur et, naturellement, le chemin vers le tour se présente devant elle.

Installée dans le Perche, elle y implante un atelier de céramique et reprend sa production.

 

 

Travailler la terre est un monde de contraintes et un univers de possibilités. Déjà la tête tourne au rythme du tour, ensuite la main ferme - baguette magique - prend la terre immémoriale.

Le besoin et le plaisir de faire sont impérieux. « J’essaie d’accorder mes gestes aux traces d’un pas magique ; l’intérieur-vide et l’extérieur-plein ne sont que des correspondances, l’image miroir, abstraite mais reconnaissable, du monde qui m’entoure ». 

Les potiers parlent de leurs œuvres comme d’un être : la bouche, les lèvres, le corps et les pieds. Un vocabulaire nait : les proportions en sont la syntaxe et la sensualité la ponctuation.

Ça ne sonne pas creux, le vide est plein d’esprit, de vie, de sons. Il suffit d’un toucher pour obtenir de la forme une réponse, un sourire, un regard et peut être même une présence.

Pour un peu on se croirait démiurge quand vient l’épreuve du feu. Dans la solitude du four une invisible alchimie révèle, du minéral, la palette douce et profonde qui nous était cachée.

.Ici la perception de la fermentation s’est propagée à l’air et à la terre … bientôt les glaçures exploseront sur les surfaces, ouvertes comme pour mieux respirer.

Vient l’ouverture du four, la découverte toujours renouvelée ; échecs et réussites se côtoient et forgent, au fil des cuissons, une vraie philosophie de l’humilité.