Aude Azaïs Hude

« La couleur surtout et peut être plus encore que le dessin est une libération.» Aude Azaïs pourrait faire sienne cette citation d’Henri Matisse.

Un parcours haut en couleurs

C’est à travers une petite reproduction de Renoir que très jeune Aude a été sensible à la peinture :
« A travers les yeux et par le cœur je comprenais ce langage ». Plus tard c’est la lumière incroyablement pure d’Haïti où elle a longtemps vécu qui l’inspire. Aude Azaïs est forte de paysages, de lumières singulières dans les différents endroits où elle a habité en famille ou étudiante. De Paris à Haïti, de Paris à Madrid ou encore De Porto Rico à Florence, chaque voyage l’a façonnée. Elle a travaillé à Florence, la gravure, la peinture et la sculpture. Le lieu par excellence de la renaissance. L’harmonie de la nature Toscane la séduit, les retables sur bois et l’art de la fresque la transportent. A Madrid elle se rappelle des Vélazquez au Prado, de la lumière. Et puis c’est un secrétariat vite expédié et exercé… Et enfin le retour aux sources : aux Beaux–Arts de Paris. A la sortie, tout en pratiquant la peinture; seize ans d’enseignement aux Ateliers du Carrousel (Musée des Arts Décoratifs).
Depuis 2010 elle se consacre exclusivement à la peinture.

De l’art grec aux installations in situ
Curieuse, Aude Azaïs ne s’enferme pas dans une école bien au contraire. Si à dix-huit ans, elle est passionnée par l’art grec, son goût se rapproche, au fur et mesure, de l’époque contemporaine. Elle cite l’artiste italien Giorgio Morandi; le peintre de la nouvelle école de Paris, Serge Poliakoff ou encore David Hockney. La peinture de Marc Rothko, où la vibration de la teinte est portée comme par un souffle. Mais aussi des sculpteurs, Giacometti, Alexandre Calder. Elle s’est rendue quelques temps à une biennale à Venise où elle a admiré les installations. Mais les musées qu’elle chérit avant tout demeurent : Le Louvre, les Offices et le Prado. Elle aime les lieux imprégnés par une ambiance artistique à l’image de Montmartre ou Montparnasse.
Etre artiste « C’est s’essayer à retranscrire une harmonie, le chant du monde ; à travers la ligne pour le dessinateur, la couleur pour le peintre, les notes pour le musicien…» « Se faire le réceptacle de la Beauté qui nous entoure et la restituer avec ses outils. Cela passe par la personnalité de l ‘artiste. »

Une aventure avec la couleur
L’emploi du pastel (pigment quasiment pur) permet à Aude Azaïs de s’exprimer avec toute l’intensité souhaitée. La couleur claque, prend vie, tournoie dans un jaillissement de joyeuse santé. Son travail à l’huile amène un peu plus de gravité, un peu plus d’extériorité de part ses dimensions. Mais c’est toujours de la même aventure picturale qu’il s’agit, qui se construit au fil du travail : « Rien que de poser une couleur, l’émotion est là et la magie opère et l’une appelle l’autre : le violine appelle le jaune qui appelle un rose pâle et tendre qui appelle lui-même un vert rafraîchissant…Elle ne fait pas de différence entre abstraction et figuration, tout est prétexte à peindre. L’abstraction a une préférence dans son travail parce qu’il fait advenir sans doute un peu plus ce qui n’a jamais été vu, ce qui rejoint son goût pour la découverte. La composition jaillit, portée par le dynamisme des formes et des couleurs en mouvement ou bien elle se construit à travers des formes stables et reposantes. « Beaucoup de choses m’inspirent, la couleur elle-même évidemment, un poème, une musique latino-américaine… »
Ce qu’on doit retenir de son travail ?
« La passion de la peinture, l’obstination, la joie au travail et la liberté »

                                             Mathilde Aubinaud