Régis des Plas

Né à Paris en 1953, Régis des Plas, dès l'âge de 16 ans, entreprend des études de dessin et de peinture en intégrant l'Atelier Met de Penninghen. Il est successivement élève à l'Ecole Supérieure d'Arts Graphiques, à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts et à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Sa première exposition personnelle a lieu en 1972 aux Cimaises Ventadour, près de l'opéra à Paris. Il se concentre alors dans l'étude des techniques anciennes de peinture, ce qui le conduit vers l'apprentissage des techniques de restauration.

A l'âge de 23 ans, Régis des Plas est chargé par l'Université d’Art et d’Archéologie de créer un atelier d'enseignement des techniques picturales entre le XIVe et le XVIIIe siècle. Il forme à son tour des futurs restaurateurs des Musées Nationaux.

Parallèlement, il entame une collaboration dans la conception et la réalisation de décors de cinéma. Pendant plus de 30 ans, il participe aux décors de plus de 50 films tant de longs métrages que de films pour la télévision. ll travaille, entre autres, pour des réalisateurs comme Jean-Jacques Beinex, Pascal Kané, Claude Miller, James Ivory ou Claude Chabrol.

Toutes ces années, la peinture reste une présence obsédante, comme la seule réponse possible au poids du silence.

Au début des années 90, peindre redevient le centre de ses préoccupations. Après une longue absence des cimaises des galeries, il se décide à présenter « Liminaires », première exposition personnelle depuis quinze ans à la galerie Loïc Saint M'leux, rue Basfroi, dans le quartier de la Bastille. S’ouvre alors une nouvelle période où la difficulté de se montrer, de s'exposer aux regards de l'autre, difficulté à dire le murmure, à exprimer la parole enfouie, à taire le doute, le pousse à travailler dans 1a lumière obscure de son intimité.

Régis des Plas quitte Paris pour s'installer dans le Perche, région de ses racines familiales.

Après quelques années, l'évidence est là: se poser, se propos oser; s'exposer au danger. Montrer le travail au fil d'émoi. .. D'épais volets se sont enfin ré ouverts, dans les inévitables gémissements de gonds rouillés.

Il présente, en 2005 « Itinerrance 2000-2005 » à la galerie Job'Art, rue Keller à Paris. Cette exposition regroupe des œuvres produites pendant cette période.

Depuis 2010, le choix d'un matériau, l'encre noire travaillée dans l'exigence d'une technique de lavis qui ne souffre aucune retouche, lui fait découvrir un nouvel univers. Chaque jour, couche après couche, il laisse circuler sur la feuille les ramifications qui s'offrent à ses yeux, comme de nouveaux prolongements, fruits du hasard et de la maîtrise.

Au fil d'émoi, l'encre noire de lavis s'étale, se délave, s'entrecroise dans d’improbables rencontres verticales. Traces d'un bestiaire, cimes embrouillées d'hypothétiques paysages, parcours ascensionnels de coulures organiques, développent ce qu'il perçoit comme une musicalité, un geste instrumental.

Au fil d'émoi, l'encre noire de lavis interroge le haut, questionne le bas, dévoile toujours plus l'enchevêtrement de racines comme un langage à déchiffrer, qu'il nous propose d'entendre.